Victor Rodriguez Núñez

Víctor Rodríguez Núñez est né à La Havane, Cuba, en 1955. Il est poète, journaliste, critique, traducteur et professeur universitaire. Il a publié onze livres de poésie presque tous primés dans son pays, au Mexique, au Costa Rica et en Espagne. Pendant les années 80 il a été le rédacteur en chef de la revue culturelle cubaine El caimán barbudo. Actuellement il est professeur associé de littératures hispaniques au Kenyon College, aux Etats-Unis.
Poèmes
Drama de Marco Polo
Para Margaret Randall
Algo he visto del mundo
Las tormentas de polvo de Managua
la nieve ya desnuda
en los pinares del camino a Smolyan
y cómo discuten las banderas en la torre
de la Universidad de Puerto Rico
Algo he visto del mundo
Las piedras encantadas de Palenque
la bahía de miel
que olvidó el verano en Ponta Delgada
y aquella Plaza Roja
pintada por Kandinsky
Algo he visto del mundo
y eso ahonda mi pena
Nada me pertenece
Drame de Marco Polo
Pour Margaret Randall
J’ai vu pas mal de choses du monde
Les tempêtes de poussière de Managua
la neige déjà nue
dans les pinèdes de la route de Smolyan
et comment débattent les drapeaux sur la tour
de l’université de Porto Rico
J’ai vu pas mal de choses du monde
Les pierres enchantées de Palenque
la baie de miel
qui a oublié l’été à Ponta Delgada
et cette place Rouge
peinte par Kandinsky
J’ai vu pas mal de choses du monde
et cela creuse ma peine
Rien ne m’appartient
Traduction de l’espagnol (Cuba) par Jean Portante.
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Confirmaciones
Para José Pérez Olivares
El menor de mis hijos
que aún no sabe su nombre
ni caminar derecho
a medianoche
en la más alta fiebre
canta
Es doble este camino
La razón y la fe
Tengo fe en la razón
―en la razón impura
Comprendo las razones de la fe
―la fe de los herejes
Entre el hecho y la duda cruzan ambos caminos
Y al partir regresamos
Danza mi rosa ebria
desprevenida
sin vergüenza del sol
La olvido en el sendero
que comienza en tus manos
y sin más vueltas me lleva hasta mí
Las preguntas son tigres
que acechan junto al río
Las respuestas
ciervos inalcanzables
Mi mucha sed te ahogue
Y náufrago en el polvo
espera cualquier cosa
menos resignación
Confirmations
Pour José Pérez Olivares
Le cadet de mes fils
qui ne sait pas encore son nom
ni marcher droit
à minuit
dans la fièvre la plus haute
chante
Il est double ce chemin
La raison et la foi
J’ai foi en la raison
—en la raison impure
Je comprends les raisons de la foi
– la foi des blasphémateurs
Entre le fait et le doute passent les deux chemins
Et en partant nous revenons
Danse ma rose ivre
dépourvue
sans honte du soleil
Je l’oublie sur le sentier
qui commence dans tes mains
et sans plus de détours elle me mène vers moi
Les questions sont des tigres
qui guettent dans le froid
Les réponses
des cerfs inapprochables
Que mon abondante soif te noie
Et naufragé dans la poussière
attends tout
sauf la résignation
Traduction de l’espagnol (Cuba) par Jean Portante.